Apokhâgnelypse Now ?
Instant confessions, attention séquence émotion !
L’autre jour, lors d’une soirée, on m’a demandé ce que je faisais niveau études. J’ai donc décliné (pompeusement, évidemment) « prépa littéraire ». Réponse : « Ah, bah il en faut !». Ouiiii, booon, mais encore ?
Un petit bilan (sûrement mal raconté) s’impose donc, histoire de voir si rétrospectivement, j’ai tué deux ans ou non. Déjà, j’avoue que je suis arrivé en Hypokhâgne AL comme une fleur. Titulaire d’un Bac S mais avec une moyenne de maths (très (très)) basse, aller en fac de sciences, c’était le suicide dans les règles de l’art et de toute façon, ça ne m’intéressait pas plus que ça. Qu’à cela ne tienne, l’improvisation dans les études, il n’y a que ça de vrai : direction la prépa littéraire, cqfd.
Même s’il est vrai que les mythes du mais-ils-ne-font-que-de-la-philo-à-outrance ou encore tu-n’auras-plus-de-vie-sociale sont coriaces (et ont quand même de légères raisons de l’être), en fait on y survit plutôt bien, surtout l’Hypokhâgne (la Khâgne, moins sûr héhé).

Ouais, un jour je compte avoir ce genre de bibliothèque.
Bon après c’est vrai, dans ma petite prépa de province, pas spécialement d’esprit de compétition et un petit groupe bien sympathique. Mais quand même, faute d’avoir l’ENS, l’HK-KH m’a permis quelques trucs biens : déjà, le goût de la « lecture massive », chose que la filière S ne me poussait pas à faire et qui au final me permet maintenant de toujours avoir un truc à lire (moderne comme classique) et aussi d’avoir un prétexte de faire marcher ma carte bleue avec Amazon.
Les cours de culture antique (programme 2008 : Amour et amitié) resteront impérissables, tant c’était du grand n’importe quoi. Sans compter évidemment une culture générale/littéraire plus approfondie (on dirait pas comme ça avec le mauvais jeu de mot Coppola powered du titre !) avec certains profs fantastiques, cette fabuleuse capacité à être insomniaque la nuit et narcoleptique le jour et surtout le plus utile : savoir faire des phrases longues et pompeuses mais qui en faites sont vides de sens. Dommage collatéral des dissert’ de philo. Mais savoir parler sur du vide (ou presque), c’est quand même relativement jouissif.
Évidemment, tout n’est pas parfait. Oui j’ai déjà du me coucher à 4h pour finir à la bourre un DM, oui les notes sont relativement moyennes (les thèmes d’anglais du début de Khâgne s’en souviennent encore), oui un livre d’Hegel est plus facile à comprendre que mon prof de philo (sauf le recueil de citations dudit prof, priceless), oui il y a parfois des gens détestables (élèves comme profs), oui le moral n’est pas toujours là. Mais le bilan reste positif. Et surtout ma bibliothèque a bien plus de classe.
Je dis pas que je re-signerais pour deux ans là, maintenant. Mais être allé en HK et avoir poursuivi en KH est clairement l’un des meilleurs choix scolaires que j’ai pu faire, malgré l’ex-scientifique que j’étais et le fait que je ne me sente pas non plus littéraire. Mon seul regret est peut-être de ne pas avoir préparé décemment Sciences Po Paris en 2008 (M. Descoings, si vous me lisez, ceci est un appel du pied).
Et maintenant ? Oh, le Celsa, les médias surtout et l’info-com, pourquoi pas les concours PEMEP. Oui peu de liens avec un bac S. Pas trop de rapport non plus avec l’hypo et la khâgne même si la culture justement me sera utile. L’improvisation, y’a que ça de vrai, puisqu’on vous le dit.
[...] que ça vient du fait qu’un vernissage ça fait un peu évènement élitiste, tout comme la réaction que l’on m’envoyait dans les dents lorsque je disais être en prépa littéraire. Alors [...]