Yes We Cannes

par Spha | 14 mai, 2009


David Bowie — Let’s Dance (l’OST de Good Mor­ning England est un bijou)

La Team Obama est quand même fan­tas­tique puisqu’elle a inventé le pre­mier run­ning gag foi­reux de l’histoire qui s’adapte au contexte de ce dont on veut par­ler. Soit.

Que va-t-on rete­nir de ce 62e Fes­ti­val ? Que ce sera au 63e que j’assisterai à une pro­jec­tion offi­cielle, assis entre Soder­bergh et Cop­pola (Fran­cis Ford, pas Sofia). Taran­tino pré­sen­tera à coup sûr un film où des pri­son­niers ira­kiens décident de tabas­ser des GIs sur fond de disco (?) et Beig­be­der dis­til­lera quelques bons mots (double “?”) sur le pla­teau de l’inoxydable Deni­sot. Et au milieu de tout ça, une mas­tur­ba­tion intel­lec­tuelle en bonne et due forme d’un jury spon­so­risé par C&A Adi­das H&M Her­mès. Bref, comme d’habitude mais avec moi en plus.

Car si outre l’info-comm, faire le grand ponte mafieux chez EMI Music me plai­rait bien, ajou­tons de suite aux carrières-émoustillantes-mais inac­ces­sibles celui de critique-cinéma-bobo-dans-la-presse. Car autant enfon­cer les portes ouvertes tout de suite, quand les Inrocks des­cendent en flèche un film, j’ai envie d’aller le voir, quand je vois un truc du genre “Magni­fique **** (Télé­rama)”, je sens tout de suite la nau­sée mon­ter (mais je suis prêt à pros­ti­tuer tout ça pour assu­rer le rem­pla­ce­ment d’un mec chez Pre­mière s’il faut, HELP cherche job d’été funky pour CV mégalo.)

Le pro­blème du monde du cinéma, c’est que soit on verse dans la théo­ri­sa­tion sans fin (étude de la consis­tance du héros et autres trucs du genre), soit on prône le tout-divertissement (le block­bus­ter le vrai, ou la comé­die fran­chouillarde bien grasse). D’où réper­cus­sion sur la façon de réa­li­ser les films et qui conduit à des per­sonnes comme Gas­par Noé, peut-être bon réa­li­sa­teur je ne suis pas là pour le juger (enfin pas trop) mais qui avec ses pré­ten­tions artis­tiques (fau­dra me pré­ci­ser celles qui résident dans Irré­ver­sible soit-dit en pas­sant) pond de bons gros navets.
En fait, défor­ma­tion Khâ­gneuse je sup­pose, mais recon­si­dé­rons les choses. On peut allè­gre­ment putas­ser (ou van­ter) sur les ten­dances lit­té­raires, musi­cales parce que c’est quelque chose de rela­ti­ve­ment éphé­mère. Un CD des Daft Punk, j’le fais tour­ner en fond, un livre de ton­ton Dos­toïevski, j’peux mettre un marque-page. Le film en salle (ou le DVD) sup­porte mal d’être inter­rompu : aller au ciné, c’est de fait se pro­gram­mer 1h30, 2h voir 3h (non je ne met­trais pas 9h même si je me suis déjà col­tiné les 9h de Shoah gniiii) dans la journée/nuit juste pour ledit film.

Donc les exi­gences intel­lec­tuelles face aux films sont sou­vent risibles (et le jury intello à mort de 2009 en est la preuve), car il y a dans le cinéma une part aussi impor­tante à consa­crer au diver­tis­se­ment qu’à la mas­tur­ba­tion intel­lec­tuelle. D’où la rela­tive bonne qua­lité de Star Trek de JJ Abrams selon moi : la mytho­lo­gie geek et quelques truc bien sen­tis sur les per­son­nages (leur consis­tance, les grandes ques­tions héhé) mais aussi le diver­tis­se­ment grand public d’un bon soap opera spatial.

Alors oui, on peut exi­ger un mini­mum de qua­lité et d’intérêt quand même, parce que le “have a good time”, c’est vite limité. Faut faire un bon choix équi­li­bré entre le pop corn et l’activité des neu­rones. Chose que le Fes­ti­val de Cannes, ins­ti­tu­tion sclé­ro­sée du cinéma, n’a fait qu’une fois sur les 15 der­nières années selon moi en 1994 avec Pulp Fic­tion (voire en 2003 avec Ele­phant bien que ce der­nier verse lar­ge­ment dans le trip arty)

Pitié, arrê­tez le fes­ti­val, chan­gez les cri­tiques ou les men­ta­li­tés des spec­ta­teurs (genre les pré­pu­bères exci­tés par Saw/les vrais faux intel­lec­tuels exci­tés par Noé), puisque de toute façon mon égo n’acceptera pas d’avoir tort après ce ver­biage de près de 600 mots. Et que cet article fera un flop au blogx office (oui, je signe un contrat pour pla­cer des jeux de mots pour­ris dans mes articles, pourquoi ?)

// Bonus Stage

Quitte à avoir lu jusqu’au bout, voici la liste des films que pour l’instant ma CB va devoir sup­por­ter en 2009. Du navet inté­gral au film le plus arti­fi­ciel­le­ment intel­lec­tuel et même le Disney-Pixar, tout y pas­sera :
– Mil­le­nium
– Public Ene­mies
– L’Age de Glace 3
– Shut­ter Island
– The Girl­friend Expe­rience
– Anti­christ
– Tetro
– Inglo­rious Bas­terds
– Les Étreintes Bri­sées
– Sin City 2
– Shut­ter Island
– (peut-être) Nine

Bon main­te­nant, offrez moi un job ou à défaut des pro­jec­tions presse gra­tuites. Hop hop.

Un commentaire

[…] Waow. Ca y est, vous avez encore un peu de haine en stock ? Car voyez-vous, ces deux hontes de la presse elle se voient comme pures, elle consi­dèrent l’Art au sens kan­tien et tout le reste, de la merde. Alors qu’au fond les jour­na­listes des rédac­tions ont du rire dans leur barbe devant Bien­ve­nue chez les Chtis. Col­la­te­ral, c’est un block­bus­ter qui s’assume et qui fait son job par­fai­te­ment comme la vision que j’ai du cinéma. […]

par Nobody notices. at (Spha) le 12 janvier 2010 à 23:33. #

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