Gian Lorenzo, Michelangelo et nous et nous et nous

La première chose qui différencie l’homme de l’esthète, c’est le travail du marbre. Prenez une statue du Bernin. Lorsque Le Rapt de Proserpine rentre dans votre champ de vision, la première sensation c’est la beauté de l’ensemble. La seconde sensation, c’est la fantastique attention portée aux détails par le maître napolitain : la chevelure, le cerbère, les drapés. Jusqu’à la pression des doigts du dieu des enfers sur la chair de la jeune fille. La troisième sensation, c’est évidemment le génie devant cette scène figée et pourtant virtuose.

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Une fois encore, c’est le long d’un fleuve que tout s’est joué. Cette fois, il s’agissait du Tibre, un peu plus de 400 kilomètres au compteur et de drôles d’histoires impliquant une louve et deux rejetons dans un panier en osier. Alors, cette fois là, on a remonté ce fleuve.

Le taxi blanc filant à vive allure dans la nuit romaine a d’abord laissé apparaitre l’étrangeté proposée par le quartier de l’EUR (Esposizione Universale di Roma), rêve architectural fasciste des années 30 devenu lieu de joies dopées à l’adrénaline à l’occasion des Jeux Olympiques de 1960. Au milieu de ce qui est désormais un quartier d’affaires et de loisirs, s’élève alors le Palais de la civilisation italienne, bâtiment à la fois épuré et antique, sorte de Colisée passé dans un moule carré.

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