Cent Ans de Solitude
J’ai un feeling particulier avec l’ambiance d’un film, d’un livre, d’une musique. Car je ne suis pas expert culturel et je ne prétends pas spécialement juger la dernière Palme d’Or sur la grammaire cinématographique du film primé, ni sur les accords ou textures d’un album. A la limite, j’essaierai crânement de placer deux-trois mots où je suis sûr de pas trop avoir être mis en porte-à-faux. Histoire de faire croire que, oui, je connais mon sujet moi môssieur ; ou argument de drague douteux. Mais vraiment pas plus, ce qui expliquerait d’ailleurs sûrement mon rejet de toute forme de magazine culturel qui parait en France. Bref. C’est ainsi que j’ai beaucoup aimé Collateral qui non seulement est un film rondement mené mais surtout une superbe succession de plans de Los Angeles de nuit. Ou encore Dans la brume électrique (2008) de Tavernier, qui pâtit de défauts intolérables quant au scénario et au jeu de certains acteurs mais dont l’ambiance du bayou est une merveille du genre. Moite, suintante, immersive. Au départ, quand je me suis enfin décidé à lire Cent Ans de Solitude (de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel 1982) cet été – six mois après qu’on me l’ait offert et un concert de louanges de la part de diverses personnes de bon goût – , je me suis dit que j’allais faire ici même une critique en bonne et due forme, où on parlerait profondeur des personnages, de grands thèmes etc. Mais ça serait dommageable pour un livre qui est encore plus appréciable selon quand on n’en connait que le strict nécessaire, c’est-à-dire la quatrième de couverture. Cent Ans de Solitude est un chef d’œuvre, ni plus ni moins. A la fois réaliste mais également rempli d’éléments oniriques, fantastiques et fantasques, le livre raconte la vie d’une village perdu aux confins de l’Amérique Latine pendant près d’un siècle. C’est d’une qualité de narration assez incroyable, savoureux et c’est une de ces histoires à la frontière avec la réalité, dans la brume, dont on est imprégné de l’ambiance encore longtemps après. Bon, il y a quand même trop de personnages qui s’appellent Aureliano huhu. — Photo : John Carey (fiftyfootshadows.net)