Brownfields

* Je me rappelle très bien du jour où j’ai découvert l’urbex. A l’époque, ça ne rapportait pas quatorze points au Scrabble (et encore, sans le compte triple) et ça n’avait même pas de nom vraiment défini. Ce n’était que la chouette aventure photographique d’un blogueur parmi d’autres. Et puis, il y a eu cette semaine de mars 2012.

Le Parking des Artistes

Musique, John. En bon réac’ qui lit du Muray (oups), je me bidonne assez devant le nombre de RIP qui constelle désormais l’interouaibe. « Festivalisation », qu’il appelle ça, le Philippe. Non pas que je critique l’Internet, c’est un peu le plus puissant (et génial) média que l’humanité ait créé. Pas plus je ne vais à la charge de Twitter, et des twittos comme le veut l’expression, chargée tellement péjorativement (salut Thibault !). Prenez l’exemple du chanteur de Où est le Swimming Pool. Déjà, le nom est pourri mais surtout ce jeune chanteur-méché-anglophone-indie a eu l’excellente idée de faire un slam lors de son concert au Pukkelpop mais il s’est ramassé comme une grosse larve sur une de ses fans, qui a failli finir tétraplégique. Ne supportant pas cette idée, il a eu la non moins excellente idée de monter sur un des pylônes métalliques de la scène et de se jeter sur le béton du parking des artistes. Forcément, je fais mon vieux con snob, donc j’endosse mon habit de Michael Caine. Le problème, c’est le mainstream. A côté du Leviathan culturel, dont le seul produit durable depuis plusieurs années est à mon sens Lady Gaga (et ça me tue de l’écrire), tout un chacun se sent obliger d’apporter sa nouvelle révélation pop, son nouveau film génial, l’auteur de la rentrée littéraire : bref, on essaye de se montrer mutin de Panurge et le moindre petit artiste éléctro pop/indie a droit à son RIP joyeux de la part de la presse culturelle et sa nécro comme trending topic de Twitter. Accepter le statut de ‘culte’ à Gaga et Avatar sera le seul moyen de purger l’éloge funèbre de ces produits culturels comme Où est le Swimming Pool vite digérés, vites RIPés, qui au fond n’auraient jamais du sortir de l’ombre. C’est le principe de l’underground qui, par la force du web (on y revient), perd tout son sens et son rôle de tri, se retrouvant comme une nébuleuse qui évolue comme un Mainstream bis. Alors que dans tout ça, la seule vraie perte de 2010, c’est Tony Curtis, qui a fait l’embardée fatale sur l’autoroute des produits culturels cultes. Il y a de la place à pourvoir, dans le parking des artistes : venez y garer vos dernières révélations amis du RIP culturel. Un jeune chanteur anglais vous y attend déjà.

What the Fa(u)c(k) ?

What the Fa(u)c(k) ?

Un peu de sang, c’est toujours efficace. Préambule L’ennui naquit un jour de l’université. Honoré de Balzac

C’est (toujours) la crise.

Je pense qu’on a tort de dire que Marx est mort. Marx est mort, évidemment, ça ne fait aucun doute, un enfant de six ans peut comprendre que Marx est mort à partir du moment où tu lui expliques qu’il est né il y a 150 ans, que c’était un homme normal et tout ça. Bon. Ce que je veux dire, c’est que… Marx, les idées de Marx restent valables à partir du moment où … quand on les regarde heu… sans a priori heu … sans chercher à faire de l’antimarxisme primaire c’est… Voilà, c’est une question d’antimarxisme primaire c’est… Quand on regarde la situation sociale, tout ça, on s’aperçoit bien que malgré tout euh… Marx reste valable hein, pour pas mal de trucs en ce qui concerne les conditions de travail ou les rapports avec les patrons euh… les acquis sociaux, le partage du temps de travail, on s’aperçoit bien qu’il y a quand même quelque chose de vrai dans cette histoire de lutte des classes et que va dire à un mec qui a plus de boulot que le capitalisme c’est mieux que le communisme, tu verras ce qu’il te dira… Hein les gars ! A mon avis on comprend mieux Marx quand on est licencié, mais bon… C’est… ce que je pense, c’est que Marx a dit des choses qui restent valables dans la mesure où il les pensait heu … en accord avec son époque et … que maintenant ça reste valables aussi pour des tas de … (…) Bon quand il parle de la victoire du prolétariat bon ben, ca veut dire quelque chose hein ! C’est pas n’importe quoi, ça nous interroge quand même hein parce que faut dire ce qui est, le prolétariat, hein les gars ! Je pose la question. (…) Ils rigolent parce que évidemment, ils font tout pour nous faire croire que Marx est mort, qu’il n’y a plus rien à dire là-dessus et que c’et terminé heu… puisqu’il est mort. Alors là Marx est mort, ils font courir le bruit partout, dans les journaux, à la télévision. A la télévision tous les jours : 2360 jours que Marx est mort et n’a toujours pas réapparu… Compris ? Hein ! Ils savent y faire. T’inquiète pas pour eux. Et puis comme ça alors il les emmerde plus parce que hein, il faut dire qu’il les a quand même salement emmerdés hein les gars ? Il a quand même drôlement mis des bâtons dans les roues du capitalisme avec ses idées de lutte des classes, la victoire du prolétariat et tout ça. Toutes les luttes… parce que les acquis c’était pas inné euh… c’est acquis justement. (…) Comment j’peux vous dire ça moi les gars, si nous on pense que Marx est mort, alors c’est fini, c’est la porte ouverte à tous les abus, ils peuvent se permettre n’importe quoi. Vu que Dieu il est mort lui aussi alors il reste quoi ? Ils auraient tort de se gêner. Dieux on ne sait même pas s’il est né. Marx on dit qu’il est mort d’accord, si on veut, mais on sait au moins qu’il est né, ça ils ne peuvent pas le nier, alors c’est un avantage considérable parce qu’on est pas tout le temps en train de se dire : « Mais t’es sûr qu’il a dit ça Marx ? T’es sûr qu’il a existé Marx ? » ou des trucs comme ça. Hein ! Marx il est mort si on le veut bien. Ca meurt pas des types comme ça, c’est… Marx s’il était là, mettons qu’il est là hein… alors il dirait sans doute les choses. Il dirait que toutes les choses sont devenues difficile à comprendre avec la télé tout ça, mais il dirait aussi : « Attendez les gars, j’ai pas dit mon dernier mot, laissez-moi un peu de temps pour analyser tout ce bordel et je vais vous dire comment ça marche ». Et il aurait écrit un livre sur tout ça et ça aurait éclairé tout le monde ! (…) Si nous on pense que Marx est mort alors c’est terminé. Et on peut parler comme ça pendant longtemps … Parce que vous ne me ferez pas croire que la lutte des classes ça n’existe plus ? Avec toute cette inégalité qu’on voit partout, vous ne me ferez pas croire qu’elle n’existe pas. Chaque type exclu est une sorte d’inégalité à lui tout seul… et tous ces types s’excluent les uns les autres sans arrêt à n’en plus finir et on ne voit pas comment ça peut… (…) Marx seul sait. Parce que les gars, un coup de Marx et ça repart, hein les gars on est bien d’accord ? (…) Rémi de Vos, Débrayage