Summertime
Chaque matin, la tranquillité d’un open-space, une traditionnelle odeur de papier fraichement imprimé, le froissement des pages encore intactes viennent me rappeler à ma chouette condition d’été. Celle de bosser dans un quotidien régional.
Une histoire de Nerviòn
Comme d’habitude, tout est parti d’un fleuve qui serpente. Ça commence toujours comme ça. Celui-là, il s’appelle le Nervión, à cause d’une sombre histoire d’empereur romain. Bilbao – prononcez Bilbo – n’est de toute façon pas à un écart étymologique non espagnol près. Ce qui fait la renommée de la ville depuis bientôt plus de dix ans possède un nom à consonance germanique : le Museo Guggenheim. Trop peu de points au Scrabble pour un mot avec autant de G.
Draw It Like Moebius
En vingt-et-un ans d’existence, dont une bonne quinzaine à lire de la bande dessinée, je n’avais pourtant jamais mis les pieds au festival d’Angoulême. Trop loin, trop charentais, trop je ne sais pas. Paradoxal quand on sait que je dévore les Blacksad, les reportages de Joe Sacco et que le mot culture englobe aussi bien Astérix chez les Corses qu’un énième Ingmar Bergman long et ennuyeux. Bref. Le hasard a voulu que je sois en école de journalisme, et à Bordeaux. L’occasion était donc rêvée d’obtenir une accréditation « presse » pour le festival d’Angoulême, située à une heure et demie à peine. L’école était opé’, les chargés de Relation Presse du Festival aussi : banco. Autant dire que l’expérience a été mitigée. Il y a eu évidemment du bon : pouvoir rentrer partout sans attendre (huhu), les boissons de la salle de presse (mojito gratuits servis dès le matin, epic), des expos et conférences intéressantes, de bonnes initiatives (salles de lecture de BDs en libre accès) et surtout des dessinateurs indés qui se prêtent au jeu de notre dossier Angoulême : dessiner le diable, puisque nous travaillions sur le numéro 666 d’Imprimatur, notre canard d’apprentis-journalistes. En somme, du futile, de l’utile et un superbe mug dessiné par Lewis Trondheim. Oui, je suis consumériste, touriste de base et je vous emmerde. Ah, je suis trop faible face au merchandising, bordel. Au-delà de ça, il y a quand même eu beaucoup de points négatifs. Le prix journalier pour accéder aux chapiteaux va jusqu’à 14€ ! Et pourtant, ils sont tellement nombreux à payer ce prix qu’Angoulême ressemble généralement à une fourmilière dans laquelle un gamin aurait tapé : des milliers de fourmis, dans tous les sens, jusqu’à l’irrespirable. Entre autres. Malgré son aspect de grosse foire-à-la-dédicace-et-au-fric (sur le stand Soleil, les pauvres dessinateurs en rang d’oignon me faisaient penser à des vaches que l’on trait jusqu’à plus soif), le Festival m’a quand même semblé être le pouls du monde de la bédé. Ce dernier est, selon l’avis de certains (dont moi) au bord du sur-régime : on est à plus de 5000 titres publiés chaque année, dont la plupart restent ‘underground’ (ça ne vous rappelle rien ?). Bref, une sphère assez proche de celle du ciné ou de la musique : avec ses vieux de la vielle, ses génies 2.0 (pas de MySpace, mais des blogs), ses dessinateurs insupportables et ses majors. Majors, qui pour le moment, gardent leur public. Mais quand on voit certains abus d’Angoulême : dédicaces de Pénélope Bagieu tarifées (!) chez Gallimard, ticket de caisse demandé chez Delcourt (!!)… Bref, une journée au goût amer même si elle s’est plutôt bien achevée sur une projection presse de Tron Legacy, et Olivia Wilde en combi fluo pendant 2h06 (vous ai-je déjà dit que ce métier était rempli d’astuces de truand ?). Ce qui sauve à mon avis la BD, et par extension Angoulême, c’est la qualité intrinsèque du Neuvième Art. Le palmarès du Festival 2011 est très bon, avec des artistes confirmés ou des jeunes talentueux : l’excellent Art Spiegelmann a ainsi remporté le Grand Prix. A titre de comparaison, Zaz se produit aux Victoires de la Musique et M. Pokora a remporté un NRJ Music Awards. Mais quand on voit les majors musicales, cette fois, j’ai envie de dire qu’on n’a que les artistes qu’on mérite. — J-School Stage ! J’apporte donc toutes les deux semaines ma modeste contribution à ‘Imprimatur‘. Hebdomadaire, quarante-trois années d’existence, deux équipes de dix-huit rédacteurs. Je peux même vous faire parvenir des numéros papier, si vous êtes sur Bordeaux.
Perception.
Inception, 2010
Facts #5
Depuis la prépa, j’avais bien plus l’habitude des soirées en petit comité ou même des trucs de quarante-cinq personnes au max. Soft, quoi. Avec la Nuit Icam 2010 de Toulouse, multiplions ce chiffre hum disons par cent. Ouais, c’est un bon chiffre 4500. Et c’est donc au milieu de toute cette population étudiante (mais aussi quelques profs de l’ICAM alcoolisés, LOL), avec de la bonne musique, une bonne ambiance tout ça tout ça que je me suis retrouvé. Ah, et Danger il est doué, définitivement. D’ici là, retour à la morosité parisiano-orléanaise.