03
fév

Un peu de sang, c’est toujours efficace.

Préambule

L’ennui naquit un jour de l’université.
Honoré de Balzac

Lire la suite de ‘Ôde à la Médiocrité.’

01
fév
Humeurs.  | 


Yuksek – Tonight


Depuis la prépa, j’avais bien plus l’habitude des soirées en petit comité ou même des trucs de quarante-cinq personnes au max. Soft, quoi. Avec la Nuit Icam 2010 de Toulouse, multiplions ce chiffre hum disons par cent. Ouais, c’est un bon chiffre 4500. Et c’est donc au milieu de toute cette population étudiante (mais aussi quelques profs de l’ICAM alcoolisés, LOL), avec de la bonne musique, une bonne ambiance tout ça tout ça que je me suis retrouvé.

Ah, et Danger, définitivement. <3

D’ici là, retour à la morosité parisiano-orléanaise, le début du second semestre et tous les emmerdements qui vont avec (tiens, je reprends après-demain et toujours pas mon emploi du temps connu, ouaaais)… Mouarf, laissez moi headbanger pitiéééééé. Go Ahead, Tonight !

28
jan
Humeurs.  | 

« Il est toujours difficile de commencer à se concentrer. L’esprit s’échappe et va folâtrer, essayant de ne pas penser, alors c’est ce qu’il y a de plus satisfaisant pour l’homme. Doc savait comment s’y prendre. Lorsqu’on a un sujet bien précis, il est facile de se concentrer. Il serra les mâchoire et amorça un demi tour pour retourner à son bureau. Mais soudain, du coin de l’œil, il devina le passage d’une jupe. »

John Steinbeck, Tendre Jeudi, 1954

Héhé, on ne rigole pas sur la qualité des citations ici, du Steinbeck. Prétention ? Non, juste une déformation étudiante. Tout ça pour parler de moi donc. Oui, en plus de Formspring, je fais dans la glorification de l’ego.

Bref, on me demandait donc sur ledit Formspring quand est-ce que je publierai un livre (!), ou tout du moins un écrit. Question plutôt paradoxale, puisque me destinant plus à finir journaliste (ah, les concours approchent), je préfère largement écrire des articles – j’en ai d’ailleurs pas moins de cinq en cours pour différents sites allant de Slate (infos) à Inside-Rock (chroniques musicales). Ou alors de scenarii de film à quatre mains (bon, un seul en cours).

Et puis annoncer « je veux écrire un livre », ça fait toujours un peu stéréotypé. Genre tu comptes faire de la lèche à Beigbeder en écrivant une nouvelle sur la drogue, obtenir le Prix de Flore, avoir un bandeau « recommandé par Technikart », passer face à Zemmour qui te dira que la littérature française est morte depuis Hugo et Naulleau qui fera valoir son statut d’éditeur au bord de la faillite pour dire qu’il a raison de trouver que t’es franchement mauvais – sans compter les blagues de Ruquier -, et puis la coke, les soirées vip cheap, se retrouver à la même table que Marc Lévy, la dépression, l’alcool, le livre de la repentance, un flop, l’anonymat et passer ses après-midi de retraité à regarder l’invasion télévisuelle teutonne de France 2 – tout dans ce générique est épique, de l’intro synthé à la course au ralenti en sépia. Une vision biaisée du star system littéraire ? Si peu.

N’empêche, que voilà, c’est vrai que ça me déplairait pas sur le fond. J’ai bien des idées, mais pas envie de faire un remix infâme entre Céline et Bret Easton Ellis. Et puis surtout, faut le trouver le déclic qui fait que le document Word se remplit. On est d’accord, ça a perdu son charme par rapport aux papiers épiques remplis de caractères illisibles de Flaubert. Sans compter le risque de ne pas aimer ce que l’on écrit, la purge permanente de ce blog en étant la preuve.

Mais, peut-être qu’en 2010, j’aurai bouclé un prologue. Enfin, si je passe outre Super Procrastinator bien sûr, ce salopard de la flemme.

Et pour ce qui est du passage de la jupe précédemment évoqué par Steinbeck, j’aurai pu en parler aussi. Même qu’elle est blonde alors que comme d’hab’, normalement brunes rules the world. Et qu’elle adore Tchaikovski à côté de Sébastien Tellier. Autant dire que j’ai du retard à combler vite fait ! Dans le doute :


Au passage, big up à ceux qui reconnaitront l’origine de ce titre d’article.

18
jan
Geekeries.  | 

formspring.me/spha

Je teste plus qu’autre chose. C’est mon penchant geek aventurier des tendances.

12
jan

Ce soir, on ressort les DVD de l’étagère. Hmmm, voyons voir ah! l’édition collector de Collateral !


Groove Armada – Hands Of Time (BO)

Collateral a été un relatif flop en France : tout juste 600 000 entrées et pourtant il y avait de quoi faire : Tom Cruise et Jamie Foxx sous la direction de Michael Mann (l’excellentissime Heat). Mais non, ça n’a pas décollé. Les deux pontes de la critique bien-pensante et sclérosée, le torchon Télérama et la serpillère Libé n’y étaient d’ailleurs pas allés de main morte : « Boursouflé et creux à la fois, Collateral, fait, au bout du compte, un film d’action inutilement prétentieux, et un film d’auteur bâtard » pour le premier et « Collateral, c’est l’Emmerdeur qui rencontre Terminator, le tout filmé sans aucun humour » pour le second.

Waow. Ca y est, vous avez encore un peu de haine en stock ? Car voyez-vous, ces deux hontes de la presse elle se voient comme pures, elle considèrent l’Art au sens kantien et tout le reste, de la merde. Alors qu’au fond les journalistes des rédactions ont du rire dans leur barbe devant Bienvenue chez les Chtis. Collateral, c’est un blockbuster qui s’assume et qui fait son job parfaitement comme la vision que j’ai du cinéma.

Synopsis : Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, il se lie d’amitié avec une dénommée Annie Farrell, une belle femme procureur montée à l’arrière de son véhicule. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’un homme prénommé Vincent de monter dans le taxi. Un businessman, selon toute apparence, avec un emploi du temps chargé : pas moins de cinq rendez-vous à tenir dans la nuit. Max accepte de lui louer ses services jusqu’au petit matin, en échange de 600 dollars. Premier arrêt. Vincent entre dans un immeuble. Un coup de feu éclate aussitôt, un corps plonge dans le vide, s’écrasant sur le toit du taxi. Vincent redescend et, sous la menace de son arme, oblige Max à dissimuler le cadavre dans le coffre et à reprendre son mortel périple.

Je me rappelle avoir instantanément adoré ce film en sortant de la salle, en 2004. Michael Mann est un as des prises de vue et autant dire que le côté Los Angeles by night de ce film est fantastique à grand renforts de plans panoramiques d’hélicoptère – ou la scène de fusillade dans la boite de nuit, très bien filmée et mise en scène. Bien plus que le simple observateur omniscient qu’est habituellement le spectateur au ciné, là on est sur la banquette arrière avec Vincent (Cruise) et Max (Foxx).

Parlons en d’ailleurs des acteurs. Jamie Foxx à ses grandes heures, en conducteur de taxi otage un peu paumé dans la vie ; et peut-être le meilleur rôle de Tom Cruise en tueur à gage cruel et froid, bien loin des niaiseries de Top Gun et de quasiment tout le reste de sa filmographie. En fait, on pouvait s’attendre à trop de gimmicks de la part de Cruise et justement non, son jeu reste plutôt sobre et effacé. Car oui, pour ceux qui trouvent que le have good time au cinéma c’est vite limité, Mann a insuflé de la psychologie et tout un background pour ses personnages. Sans compter quelques réflexions bien senties à travers les dialogues. Et un choix de bande originale plutôt correcte.

Alors oui, il y a quelques incohérences (scène finale, entre autre) et l’histoire est simple et conventionnelle. Mais on se laisse prendre au suspens, finalement. Mann sait manier tous les codes des genres qu’il aborde (ici thriller, tueur à gage) à la perfection, sans réaliser un stéréotype de deux heures.

Atmosphère urbaine sombre et mouvementée, profondeur, prises de vue splendides et même quelques touches d’humour. Mais putain, pourquoi tous les films ne sont pas aussi jouissifs alors que Collateral n’est à la base rien d’autre qu’un blockbuster marketing ?

La bande annonce sent d’ailleurs le bon film hollywoodien je trouve, alors qu’il ne se résume vraiment pas qu’à ça. Et bien qu’étant rated-R aux US (Under 17 requires accompanying parent or adult guardian), je trouve Collateral franchement peu sanglant.

07
jan
Chaos Theory.  | 

Hé, Joseph, on se fait un high-five ou je te poke sur Facebook ?
T’as de la chance, je vais parler de toi sur ce blog parce que je suis un peu mégalo et que j’aimerai bien intégrer ton école, à l’Université Columbia de New-York via le double cursus de Sciences Po Paris (oui, tu as le droit de mépriser mon ambition). Car sinon, je t’avouerai que je parle rarement des hongro-américains morts il y a 99 ans, seul un de tes illustres confrères y a eu le droit. Et puis c’était ça ou faire la nécrologie de Vick Chesnutt (sombre indie) ou Philippe Séguin (sombre gaulliste). Oui, je tergiverse.

C’est donc le 10 Avril 1847 à Mako (Hongrie) que tu fais ton apparition sur notre belle planète, et tout comme Walt, a priori t’avais aucune raison de finir dans la presse. Le père était en effet un magnat de la vente de graines : oui à l’époque, dans la rubrique « profession des parents » ça aurait eu de la classe. Maintenant ça serait synonyme de Pôle Emploi. Or donc, dans les années 1840-50, c’était limite synonyme de piscine privée dans l’arrière-cour et d’un gros Hummer garé devant la baraque. Sans compter les putes et la coke, mais je m’égare une fois de plus. Mais le patriarche mourut, Maman pleura un peu et se remaria avec un beau-père et on connait tous ce que donne ce genre de relations conflictuelles. Par contre, la fugue ou la crise d’ado rebelle, très peu pour toi. Toi, t’étais ébahi par le kéké de l’époque, celui qui faisait rouler les muscles, tourner la moustache et gagnait toutes les parties de Risk – la France s’en souvient encore : Otto von Bismarck. Mais pas de chance, l’armée austro-hongroise trouve que tu n’as pas la carrure. Tu tentes ta chance auprès la Légion Étrangère française, même topo. Seule l’armée d’Abraham Lincoln durant la guerre civile américaine aura pitié de toi et t’accepte. Dans l’affaire, tu te retrouves aux États-Unis.

La prochaine fois tout de même, te fais pas arnaquer par l’opticien.

Mais le hasard fait bien les choses et une fois la guéguerre Nord-Sud finie, tu décides de t’installer à Saint Louis dans le Missouri … où parler allemand est très utile : un quotidien, le Westliche Post, cherche un correspondant aux États-Unis. L’histoire rapporte d’ailleurs qu’on te donnait comme surnom Joey l’Allemand. Un peu comme Bob le Bricoleur, tu ne trouves pas ? M’enfin. Bon, évidemment, si tu es devenu célèbre, c’est que tu as couvert autre chose que des incendies, des chats de mémère dans les arbres ou la fabrication de santons (Pernault, si tu me lis). Tu t’intéresse à la politique et autant dire qu’avec tous les scandales de l’époque et la corruption, tu as de quoi remplir des numéros entiers de Libé, ce qui te permet d’être reconnu. Tu es sincère, précis, ton journalisme est de qualité et très sérieux. Dans la foulée, tu deviens député républicain (là, je cautionne pas) : oui, ils cherchaient désespérément quelqu’un et tu n’es choisi qu’après deux désistements. Et le jour du vote, il y a une tempête de neige qui empêche nombre de votants de se déplacer. Vous avez dit veinard ?

Avec un peu de fric, tu fais donc l’acquisition de ton premier journal en 1878, le St. Louis Dispatch-Post, que tu fusionnes avec celui d’un concurrent. Le succès est indéniable et tu dénonces tellement de scandales et de corruption dans ton état du Missouri qu’à la manière d’un film de Scorsese, les mafieux débarquent carrément dans les locaux, armés, pour foutre quelques high-kicks à la rédaction ! Je me permets de citer la ligne éditoriale de ton newspaper , qui collerait une érection à bon nombre de journalistes actuels : « Le Post-Dispatch ne sera pas au service d’un parti, mais au service du peuple… Il ne sera pas là pour soutenir l’administration mais pour la critiquer, il combattra les imposteurs et les escrocs ». Puis en bon businessman, tu acquières le The New York World et c’est encore un succès. Franchement, t’es chiant d’avoir autant de chance. Tu recrutes des journalistes célèbres, sous ta direction sont publiés les premiers comics en couleur, et le New York World devient le journal le plus vendu des US of A, chapeau ! En 1884, c’est d’ailleurs ton journal qui aide à l’élection du président Cleeveland alors que tu n’as que 37 balais… Tu te paieras même le luxe d’avoir un procès avec le président Theodore Roosevelt, en 1909. Un sombre histoire de télégraphe à propos du canal du Panama : « Si tu reviens, j’annule tout ». Et vu que t’es devenu un bon aristo riche, quand tu meurs le 29 Octobre 1911, c’est au large de la Caroline du Sud, sur ton yacht privé !


Au croisement de la 116e et de Broadway, un signe vous dis-je !

Pour ce qui est du bilan concernant ta personne ? Tu as créé le prix Pulitzer, qui chaque année récompense les meilleurs articles de la presse américaine à une époque où les prix ne signifiaient pas rien (demandez aux lauréats du Prix de Flore, créé par Frédéric Beigbeder). Tu as légué quelques millions à la prestigieuse université Columbia, qui a créé le graal des futurs journalistes, la Columbia University Graduate School of Journalism en 1912. Et à une époque où les journalistes étaient tous des mous du genou, tu as proposé des papiers de qualité, dans un journal à la fois populaire et sérieux. Consécration ultime, un film de Disney parle de toi !

Bon, je vais pas non plus verser une larmichette mais promis, je faxe cet article aux rédactions de TF1, du Figaro, de Libé, de Marianne. Et puis j’ai des partiels à réviser en fait. Bref, on reste en contact et dès que j’arrive à Columbia je t’écrirai sur ton mur, see ya mon vieux !


Et une fois de plus, je rends à César ce qui appartient à César. Et je file au lieu d’écrire des articles, car je suis vraiment à la bourre pour les partiels !

05
jan

Un jour il faudra sérieusement que j’analyse tous les dégâts de la prépa littéraire sur ma conception de la culture. Pour l’anecdote, Metropolis c’est tout de même 35000 figurants, 7 millions de marks, 600 km de pellicule. James Cameron avant l’heure, quoi.